Le festival Afropea

J’habite un terroir intérieur un espace sans limites trois langues l’écho de quatre cultures J’habite des ancêtres multiples une parole propre centrale parce que périphérique porte mes cicatrices avec élégance ne revendique pas affirme dis tranquillement Je suis ne cherche pas ma place la crée la tienne aussi Je suis n’éprouve ni haine ni crainte Je suis ni haine ni crainte J’écris les pages de mon histoire la tienne mets du piment dans ma blanquette aime mon rôti avec de l’igname mon tartare avec des plantains frits Connais le passé sans y séjourner sans le sacraliser Apprends du passé pour tracer ma voie Je suis une voie J’habite un terroir intérieur Je suis une position pas une posture une vibration un souffle une émotion un appel une conjonction une intense intention l’heureux évènement Je suis une donnée complexe flexible une attitude symbolique politique une contrée concrète immatérielle fructueuse une terre sans bornes Fertile Mes frontières assemblent ne séparent pas assemblent ne tranchent pas assemblent ne découpent pas assemblent ne mutilent pas Je marche devant le jour qui vient Je suis la beauté qui se fait Je suis un inachèvement Je suis un apaisement.

Afropea in ecrits pour la parole, leonora miano

Un projet qui s’inscrit dans la continuité…

En février 2015, le Carreau du Temple avait proposé à Eva Doumbia une carte blanche autour du spectacle « Afropéennes » d’après les textes de Léonora Miano. Ce premier événement pluridisciplinaire autour de la créativité des afropéens français fut un grand succès.
« AfricaParis » a suscité alors chez la metteuse en scène le désir de proposer régulièrement des rendez-vous afropéens dans plusieurs villes de France, basés sur le même principe. L’évidence a été alors de commencer par Marseille où la compagnie est installée.

Massila Afropéa 2016

La Friche Belle de Mai a immédiatement répondu présente et la première édition de « Massilia Afropea » s’est tenue en octobre 2016.
La compagnie la Part du Pauvre/Nana Triban, soutenue par le Conseil Régional PACA, a assuré la conception et la direction artistique, la Friche la Belle de Mai la production déléguée. L’événement associait spectacles, conférences, tables rondes, cinéma, ateliers et un salon « Boucles d’Ebène » dédié à la mode et à la beauté afro.
Le projet s’est inscrit dans la démarche artistique de la Compagnie La part du pauvre/Nana Triban : le décloisonnement des disciplines et la mise en partage des écritures afrodescendantes françaises, dans une perspective de multiplicité des narrations, loin de toute démarche anthropologique habituellement à l’oeuvre lorsqu’il s’agit de l’espace subsaharien et de sa diaspora. L’idée qui a présidé à la conception du projet était la valorisation des créateurs afrodescendants français : aujourd’hui le milieu culturel français est agité par les questions d’absence des minorités sur les scènes et les écrans. Il est important d’aller plus profondément que les simples questions de représentation, en mettant au centre les narrations et les récits ignorés. Aussi, l’événement a proposé un panel de projets pensés, écrits et réalisés par les personnes concernées.
Au-delà des critères esthétiques, un constat intéressant pour celui qui aura assisté à l’ensemble des propositions, était la transversalité, dans toutes les propositions, de problématiques et choix artistiques communs : questionnements identitaires, références littéraires communes (Glissant, Fanon, Condé, Miano, Morrison), créolisation des formes, emprunts à la musique et à la danse pour le théâtre (et vice versa). Tous ces aspects démontrent qu’il y a bien une scène afropéenne qui ne cherche qu’à pouvoir s’écrire, s’exprimer, se nommer, en autonomie. Et que celle-ci possède son propre public.
Projet de partage, d’échange, Massilia Afropéa 2016 a été un moment où les termes de métissages des cultures, de rencontres, de fusion se sont déployés de manière festive et intelligente. Les pensées flamboyantes de Maryse Condé, Jean-Luc Raharimanana, ou Rokhaya Diallo ont été mises en partage avec le talent de Silex, de Rébecca Chaillon, Patricia Guannel ou Sabine Samba.

« Estelle ne partageait pas cet avis. Pour elle, les Afropéens étaient en partie responsables de leur situation. Contrairement aux Afro-américains, qui avaient lutté pour se faire respecter chez eux, ils rechignaient à s’affirmer Européens. Or, s’ils ne se sentaient pas à leur place en Europe, ils ne pouvaient attendre d’y être traités en autochtones […]. Néanmoins, elle n’en démordait pas, les Afropéens devaient mettre un terme à leurs tergiversations identitaires, cesser d’attendre d’être nommés et légitimés par la majorité. Ils devaient s’inventer, s’imposer, se dire… » Léonora Miano, in Blues pour Elise

Massila Afropéa 2018

Un projet artistique et politique
à la Savine et la Friche la Belle de Mai

Cette seconde édition s’est construite à travers un partenariat plus élargi et plus ambitieux avec le soutien de Marseille Provence 2018. Le Festival de Marseille a rejoint la Friche la Belle de Mai, ainsi que l’association ANIF, l’association Ngomé, Itsandra en France, le collectif de femmes Les Rosas et Sound Musical School B. Vice situé dans le quartier La Savine à Marseille.

Elle s’est déroulée sur 6 jours à la fois dans le quartier de la Savine et à la Friche La Belle de Mai. Le quartier de la Savine a été choisi pour la raison suivante : le 21 février 1995, un groupe de jeunes gens, croisent des colleurs d’affiche du Front National. L’un d’entre eux tire sur les jeunes. Il abattra Ibrahim Ali, 17 ans, un des membres du groupe de rap B.Vice. Ce jeune français habitant de la Savine était de parents comoriens. Ce drame a été fondateur pour la communauté comorienne de Marseille et l’a rendue visible. Mohamed Mbaé Tahamida (dit Soly), slameur et poète également membre du groupe B.Vice, porte depuis 22 ans la mémoire de son ami qui aurait aujourd’hui 39 ans.

L’amitié, la fraternité, même par de là le deuil et la mort, est une des multiples formes de l’Amour. « Quel Amour ! » est le thème Marseille Provence 2018, tous les projets proposés ont creusé cette question du sentiment qui lie les uns aux autres.

Afropéa nomade 2020

L’édition 2020, dans le cadre de la Saison Africa 2020, est itinérante

L’édition 2020, dans le cadre de la Saison Africa 2020, est itinérante : Marseille (quartier de la Savine), Elbeuf avec une préfiguration à Paris, au Théâtre 14. L’événement est ainsi renommé : « Afropea Nomade ». Commençant en décembre 2020 et s’achevant en juin 2021, il propose tout au long de l’année des sorties de résidences, performances, spectacles, conférences. Nous invitons notamment pour concevoir les espaces de pensées le philosophe et historien Achille Mbembe, le chorégraphe ivoirien Massidi Adiatou et le metteur en scène nigérien Beto Oumarou Boukari pour une création panafricaine-afropéenne avec des jeunes Elbeuviens et Marseillais.

Adresse

Théatre des Bains Douches
17 Rue Théodore Chennevière
76500 Elbeuf

Tél : 09 81 24 99 15

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